Bureau avec vue

Vendredi 30 mai 2014
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France Inter a regagné la Maison de la radio après dix années passées avenue du Général-Mangin. Des locaux provisoires, d’où la station a vu évoluer le chantier de rénovation. Parmi les « exilés », Hervé Pauchon, producteur et voix bien connue des auditeurs (Un temps de Pauchon). Il a connu la Maison d’avant, puis Mangin. Il raconte ses retrouvailles et, en déballant ses cartons, sa rencontre avec une étrange baleine échouée au cœur de Radio France.

« Là, on est bien. Et comme aujourd’hui, il ne fait pas beau, on n’a pas trop chaud.

Vous vous plaignez ?

Non ! C’est magnifique. D’ailleurs, il y a deux catégories de gens à France Inter, il y a les gens importants, dont les fenêtres regardent la tour Eiffel, et les gens moins importants, qui regardent vers l’intérieur. Je suis très content de donner vers l’intérieur parce que j’ai la vue sur cette baleine (le toit de l’Auditorium de la Maison de la radio, en cours de finition) que j’observe régulièrement et dont je guette le réveil… Je dois dire que son réveil me fait un peu peur car je me dis qu’en se levant, comme ça, pour peut-être repartir vers la Seine… Elle peut se réveiller à n’importe quel moment et secouer toute la Maison de la radio et là, j’ai envie d’y être ! Donc, je regarde, et c’est passionnant. C’est le privilège d’être ici. A Mangin, c’était pas mal mais on avait un peu l’impression d’avoir été puni, alors que là, on fait partie de la famille, on retrouve tout le monde… Donc c’est très bien.

La baleine d'Hervé Pauchon : le toit de l'Auditorium de Radio France

 

Et vous préférez votre bureau les jours où il pleut ?

Ben oui, parce que cette baleine, elle est plus belle et luisante sous la pluie. Quand il fait sec, l’effet est moins réussi puis vous voyez sur le haut il y a le petit trou…

Le petit jet d’eau ?

Oui, le truc qui lui permet de temps en temps de respirer. Je ne suis pas un spécialiste des baleines mais… On ne sait pas si c’est une baleine qui est sortie de la Seine en se disant « Tiens, je vais aller écouter ce qui se passe là » et qui, finalement, est restée parce que c’est intéressant. Elle a tout de même une place de choix au cœur de Radio France, au milieu de toutes les stations. Il y a quand même une entaille de 30 mètres de large, je suis sûr que c’est elle qui a fait ça ! Elle s’est affalée là et je pense qu’elle est heureuse comme ça…

Vous avez été voir ce chantier, vous êtes entré dans le ventre de l’Auditorium ?

Je n’ai pas fait la visite, je n’ai même pas été voir mon bureau avant de m’y installer. On me disait qu’il était bien, j’ai fait confiance. J’ai ouvert mon bureau et mes cartons en même temps. Mais le déménagement et le chantier, je n’ai pas tellement suivi les évolutions. Ça fait dix ans que France Inter était partie et ce n’est pas fini… C’est énorme. Ça fait vingt ans que je suis à France Inter et ça fait trente-quatre ans que je suis à Radio France. Mes premiers cachets, je les ai gagnés ici en faisant le comédien sur des dramatiques (pièces radiophoniques) pour France Culture. Si on m’avait dit en 1980 que je serai, en 2014, dans un bureau qui donne sur une magnifique baleine, je ne l’aurai pas cru !

Vous allez investir les lieux, afficher des choses sur les murs ?

Peut-être pas sur les murs, mais j’ai toujours mon petit bonhomme qui est derrière sa vitre(une figurine dans une vitrine de fortune).

C’est qui ?

Je ne sais pas. On me l’a offert et je l’ai mis dans une boîte de calva, et puis j’ai rajouté un petit personnage qu’on m’a offert aussi…

Un petit perchman !

Oui, un petit perchman qui fait du son, qui fait son reportage (il referme la boîte d'un coup sec). C’est ma Maison de la radio à moi, voilà ! »

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